joelle-bah-dralou-passion-ambition

Joëlle BAH-DRALOU, de la passion à l’ambition

12 mai 2020 0 Comments

par Céline CLAIRICIA

De son île natale, qu’est la Guadeloupe, à la France hexagonale, en passant par la Martinique, Joëlle BAH-DRALOU s’est laissée guider depuis très jeune par son cœur, par ses passions, par ses ambitions. Dans cet article, elle nous livre les chemins qu’elle a traversé et qui ont fait d’elle la femme pétillante qu’elle est aujourd’hui.
joelle-bah-dralou-de-la-passion-a-l-ambition

L’hésitation entre deux métiers

Quand j’étais au lycée, je me projetais dans l’enseignement, taraudée par quelques doutes, tout de même. Je me demandais si ce métier était vraiment fait pour moi. Mes parents qui m’imaginaient médecin ou mes professeurs qui me voyaient magistrat n’étaient pas très emballés. A l’époque, j’étais outrée que ce beau métier soit considéré comme un manque d’ambition. J’ai donc campé sur mes positions avec un léger esprit de contradiction.
Je sentais bien qu’autre chose m’attendait, sans réussir à savoir quoi. J’aimais écrire, j’étais curieuse de tout. J’ai fini par trouver mon équilibre en exerçant les deux métiers : professeur où je me sens utile auprès d’adolescents en difficulté scolaire ET journaliste indépendante, mon métier passion.

De la passion à la profession

J’ai lancé mon blog grâce à mon vif intérêt pour le journalisme. Je l’ai dès le début pensé comme une vitrine, nourrissant l’espoir de proposer un jour mes services de rédactrice à un magazine. Je ne voulais pas brûler les étapes. D’abord écrire sur des sujets pertinents pour ma cible et ensuite, peut-être, être repérée grâce aux réseaux sociaux. 
J’ai choisi “Elle dit 8” en guise de coquetterie pour “Elle dit oui”. Oui à la culture, oui aux voyages, oui aux belles adresses. Mon blog lifestyle est un blog passion autour de passions plurielles et je le revendique.
Le blogging m’a offert un espace de liberté qui m’a permis de réaliser ce rêve. “Elle dit 8” a évolué avec moi. Au début, j’étais une blogueuse qui rêvait de devenir journaliste. Aujourd’hui je suis une journaliste qui tient un blog.

“Tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais” 

Cette citation du réalisateur Xavier Dolan rencontré à une avant-première à Paris dicte ma vie.
Lorsque l’appel du journalisme s’est révélé irrépressible, j’ai cherché une formation à distance pour assurer mes arrières et continuer à payer mes frais fixes sereinement.Le master à l’ESJ, c’était du sport ! Cours au collège la journée. Etudes devant mon ordi soir et week-end, stage durant les vacances. Un rythme intense qui m’a essorée mais le jeu en valait la chandelle.
Ma casquette de blogueuse et de journaliste indépendante m’amène à souvent voyager. En enseignant au collège, mon emploi du temps se révèle plus flexible qu’au primaire et m’offre des plages libres. Je privilégie les longs week-end et les vacances scolaires. Depuis l’an dernier, j’ai un peu levé le pied. Besoin de ralentir le rythme pour que les voyages demeurent un plaisir.

Come back to home !
Je prévois de rentrer m’installer en Guadeloupe dans quelques mois avec mon photographe de mari. De jolis projets se dessinent déjà. J’ai été sollicitée pour le lancement d’un nouveau magazine, pour accompagner un blogtrip à la rentrée. En apprenant notre déménagement, une marque m’a contactée pour faire le lien entre elle et une sélection d’influenceurs des Antilles-Guyane lors d’événements. Ma collaboration avec le magazine Food’îles va s’étoffer. Pas de doute, Charles et moi continuerons à faire rayonner la Caraïbe dans l’Hexagone et ailleurs, avec un bonus j’espère : inspirer un nouveau lectorat caribéen avec les expériences et voyages programmés.

Aurais-tu des inquiétudes concernant le maintien de ce rythme de vie? Beaucoup pense que des Antilles, le voyage n’est pas aussi accessible.

Ce n’est absolument pas une inquiétude pour moi. En rentrant aux Antilles, j’aurai sans doute moins de voyages de presse au début, mais ce n’est pas grave. Ce sera l’occasion de renouer avec des voyages plus personnels. J’ai réalisé des simulations : la clé, c’est l’anticipation. 

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes ultramarins?

Rêvez grand, osez et travaillez avec rigueur pour atteindre vos objectifs. Il faut faire preuve d’audace, provoquer les opportunités au lieu de les attendre indéfiniment et développer ses compétences autant que possible. Il y a souvent de jolies surprises à la clé. 
De belles opportunités me parviennent régulièrement, mais c’est parce que j’ai osé créer mon propre média que les portes de l’édition se sont ouvertes à moi.